réflexion sur la concurrence

réflexion sur la concurrence
J'étais la semaine dernière en cours de microéconomie où le prof n'a pu s'empêcher de nous vanter les vertus d'un marché de concurrence pure et parfaite... Modèle évidemment inatteignable, idéal walrasien permettant l'équilibre du marché via le jeux des prix.

Les oligopoles et les monopoles souvent plus efficaces que la concurrence pure et parfaite

Il convient de rappeler que l'accroissement des entreprises avec les structures oligopolistiques qui l'accompagnent sont d'une part une réalité historique majeur, mais aussi d'une autre part une condition à l'efficacité économique dans notre contexte technique.
En effet on voit mal une multiplication des offreurs sur le marché de l'automobile se substituer aux géants mondiaux actuels, on y verrait une colossale hausse du prix unitaire

La grande entreprise peut se permettre des investissements technologiques et commerciaux massifs liés aux NTIC sans devoir craindre la concurrence, et en assumant elle même les coûts financiers.

Il peut donc apparaître que la CPP n'est pas l'organisation la plus efficace, et que, plutôt que de poursuivre un modèle intouchable, il faudrait prendre en compte les réalités économiques des grandes firmes en matière de prix unitaire.

Nécessité de contre-pouvoirs

Face à la monté des pouvoirs des grandes entreprises il conviendra de renforcer -ou créer- des contres-pouvoirs afin d'obtenir une situation d'équilibre, démocratique pour des raisons sociales et économiques car les abus de pouvoirs viennent dans nos société des grandes firmes plutôt que des syndicats ^^
Certains abus de pouvoir de grandes firmes dans leur pouvoir à fixer les prix, les salaires peuvent amener à des crises économiques : le niveau de salaire dans le revenu national risque de ne pas assurer des débouchés suffisants pour maintenir le plein emploi.

Il serait aussi nécessaire pour les petites entreprises d'avoir la possibilité d'être soutenue par les pouvoirs publics car elles détiennent moins de pouvoirs que les grandes.

# Posté le mercredi 01 octobre 2008 05:52

Modifié le mercredi 01 octobre 2008 18:57

Le contenu de l'approche post-Keynésienne

Néo-keynésien/post-keynésien....on ne sait plus très bien tant les expressions sont utilisées à tout-va (moi le premier^^). Il s'impose une petite mise au point : l'expression néo-keynésien semble être utilisée plus couramment pour désigner les keynésiens appartenant au courant de la synthèse et post-keynésien pour les auteurs qui prolongent la pensée les travaux du courant de Cambridge.

Dans le "livre-pilote" de ce blog (oui heureusement qu'il est là, sinon je ne serais quoi mettre xD) Keynes et les keynésiens aujourd'hui, se trouve une énumération de 18 points caractérisant l'analyse post-keynésienne.



1) L'analyse néo-classique est fondamentalement fausse

2) l'équilibre entre offre et demande sur le marché des produits peut s'accompagner de sous emploi

3) Tout modèle qui ne prend pas en compte l'irréversibilité du temps historique et les effets de l'incertitude face à l'avenir est non pertinent.

4) il est nécessaire de prendre en compte les effets macro-économiques et d'adopter une approche en terme de circuit (sans négliger d'ailleurs l'approfondissement des comportements micro-économique)

5) la demande effective exerce une influence majeure sur le niveau de l'emploi

6) les décisions des entreprises jouent un rôle central sur le niveau de l'emploi

7) la monnaie n'est pas neutre et l'on ne peut réduire une économie monétaire à une économie de troc.

8) une part extrêmement importante des entreprises pratique la tarification de leurs produits au coût moyen auquel elles ajoutent une marge bénéficiaire conventionnelle. Il en résulte que les coûts exercent une influence essentielle sur les prix.

9) Il existe dans nos sociétés des effets de pouvoirs qui différencient la situation des salariés et des entrepreneurs, des consommateurs et de l'État. Les effets de pouvoir existent aussi à l'intérieur de chaque groupe. Toutes les entreprises n'ont pas le même pouvoir de négociation.

10) L'inflation peut être due à un exès de demande lorsque l'offre est inélastique, mais le plus fréquemment elle est due à un conflit pour le partage de la Valeur Ajoutée qui se manifeste par des hausses de coûts suivies de hausses des prix

11) la rigidité des salaires est une situation fréquente, d'ailleurs pas nécessairement irrationnelle, mais ce n'est pas une condition nécessaire à la validité des analyses keynésiennes.

12) les institutions (États, entreprises de grande dimension, syndicats) exercent une influence sur la vie économique qui doit être prise en compte par les analyses économiques.

13) la structure de la répartition entre profit et salaires exerce une influence importante sur le niveau de l'emploi.

14) le développement économique est caractérisé par des changements des les techniques de production et la structure de la demande de consommation qui doivent être pris en compte par l'analyse.

15) L'intervention de l'État est nécessaire pour assurer le plein-emploi de la main d'œuvre.

16) le niveau de la demande exerce une influences sur le coût moyen, la croissance économique favorise ainsi l'amélioration de la productivité du travail et la baisse des coûts.

17) Une politique de faible taux d'intérêt est souvent souhaitable, mais elle ne suffit pas en période de difficultés économiques graves à assurer le rétablissement du plein emploi.

18) la modélisation est souhaitable, mais elle n'a d'intérêt que si les variables et les hypothèses de fonctionnement retenues sont suffisamment proches du réel pour rendre compte du fonctionnement réel des économies.

# Posté le jeudi 21 août 2008 09:16

De la théorie du déséquilibre

Je passerai très vite sur ce point, ne le connaissant pas assez pour en parler moi-même j'ai fait un copier/coller de la partie de cette page concernant ce point. Mes connaissances et mon intérêt pour cette théorie étant limités, j'ai quand même jugé bon de mettre une description rapide de cette théorie, puisqu'elle ce réclame des travaux de Keynes.


"la théorie dite « du déséquilibre » (Clower, Leijonhufvud, Benassy, Barro – qui fut en effet durant un temps un contributeur à la théorie keynésienne) est probablement encore plus symbolique de cette jonction entre modèle walrasien et keynésianisme. Dans un modèle d’équilibre général, moyennant une hypothèse de rigidité des prix ad hoc, elle exhibe des situations d’équilibre alternatives compatibles une lecture keynésienne et la réalité des économies modernes, qui ne semblent pas toujours obéir aux mêmes règles. On en tirera la distinction « chômage classique / chômage keynésien / inflation contenue » selon les conditions de rationnement des offres et demandes sur les différents marchés. Si cette théorie a comme point commun avec le modèle offre globale - demande globale un cadre d’équilibre, elle s’en distingue par ses fondements microéconomiques systématiques (bien qu’on pourra remarquer la possibilité d’établir un modèle OG-DG à partir de fonctions individuelles, mais ce n’est généralement pas ce que l’histoire retient) et surtout par la mise en avant de la question des défauts de coordination, par le biais de la place de la monnaie comme élément d’incertitude dans une économie de marché. On semble alors être un peu plus près de la pensée de Keynes. Le talon d’Achille de cette théorie, qui m’a véritablement enthousiasmé quand je l’ai découverte comme étudiant (comme beaucoup de gens je crois, dans la mesure où elle semblait fournir LA synthèse entre Walras et Keynes), est de ne pas expliquer ce qui est sa base : les prix sont fixes, certes ; mais pourquoi ? On ne le sait jamais. Or, les prix, dans une économie de marché, ne sont jamais irrémédiablement fixes sans raison (et ils ne le sont pas, de toute façon)."

# Posté le jeudi 21 août 2008 08:37

Samuelson et la combinaison du multiplicateur et de l'accélérateur

Le courant de la synthèse s'oriente aussi dans une autre direction, celle de l'explication de la succession de périodes de croissance et de crises par l'instabilité du taux d'investissement . Samuelson développe ainsi une explication à l'instabilité du niveau de l'emploi par la conjonction de l'effet multiplicateur de Kahn tel que l'a intégré Keynes et de l'effet d'accélération mis en évidence au début du siècle par le français Aftalion .

L'effet accélérateur

Le principe d'accélérateur est un principe selon lequel une variation de la demande finale induit une variation plus que proportionnelle de l'investissement.

Prenons un exemple : Un accroissement de la demande de biens de consommation annuel de 1 million de francs peut entrainer un investissement de 3 millions de F.
[cela suppose des capacités de production insuffisantes et que, réparti sur la durée de vie du matériel, l'investissement soit rentable. Est supposé aussi le fait que l'entrepreneur anticipe le maintien de l'accroissement de demande au cours des années suivantes]

Un simple ralentissement de la croissance de demande de produits finis peut suffire à réduire le niveau de l'investissement.

Supposons qu'au cours des années 1, 2, 3 la croissance de la demande ait été de 1 million de F par an, et que l'investissement nécessaire pour assurer la croissance correspondante de la production ait été de 3 millions de F par an.
Supposons maintenant que la croissance de la demande se poursuive mais à un rythme ralenti, par exemple la demande s'accroit de 0.5 million de F. L'investissement nécessaire sera alors de 1.5 millions de F, soit une réduction de 50% par rapport aux années antérieures. (cf doc 1)


La justification des politiques de soutien de la demande de biens de consommation


Ainsi l'investissement est extrêmement sensible aux variations du taux de croissance de la demande, alors que par l'effet multiplicateur l'impact de l'investissement sur l'emploi est amplifié

Dans un tel contexte, il devient particulièrement important de soutenir la demande de biens de consommation et de régulariser sa croissance. Cette analyse constitue le support théorique des relances suivies de plan de stabilisation en cas de surchauffe, créant des tensions inflationnistes, mises en place dans la plupart des pays pendant les "trente glorieuses".

articles à venir : la théorie du déséquilibre, pouvoirs/contre-pouvoirs avec les travaux de Galbraith, les post-keynésiens etc.... ça fait déjà pas mal ^^
Samuelson et la combinaison du multiplicateur et de l'accélérateur

# Posté le mardi 19 août 2008 01:18

Modifié le mardi 19 août 2008 02:09

De la théorie de "la synthèse"

Léon Walras / J.M Keynes, une réconciliation ?


John Hicks est un économiste qui centra ses analyses sur l'intégration des idées keynésiennes à l'analyse de Walras :
résumé par le fait que tout marché, dans un certain nombre d'hypothèses (CPP, homogénéité des produits, etc....) trouve son équilibre de manière automatique par un ajustement des prix.
Son célèbre article J-M Keynes and the classics ; a suggested interpretation publié en 1937 va marqué un point de départ du courant dit de la "synthèse", qui voit dans l'analyse keynésienne un cas particulier que Walras n'avait pas pris en compte et qui est intégrable à l'analyse néo-classique élargie.
C'est dans cet article qu'est formulé la première version du modèle IS/LM, dont la version formalisée sera celle présentée par l'américain Hansen.


Le modèle IS/LM


Logique d'ensemble : il s'agit d'une tentative de représentation graphique des coditions d'équilibre d'une part sur le marché des B&S (IS) et d'autre part sur le marché de la monnaie (LM)Quand il y a équilibre sur ces 2 marchés, la situation est stable.
/!\ il ne s'agit pas pour autant d'une situation de plein emploi!!!^^

Il s'agira donc d'éxaminer les politiques succeptibles d'amener au plein emploi de la main, en particulier en agissant sur le niveau de la masse monétaire ou en pratiquant une politique de déficit budgétaire. (on dit ici des politiques monétaires ou budgétaires).

L'équilibre sur le marché des produits (doc 1)

Sur ce marché, pour qu'il y ait équilibre, il faut que l'épargne soit égale à l'investissement.
Sachant que pour Keynes, l'investissement est fonction du taux d'intérêt tandis que la consommation est fonction du revenu. Étant donné que le revenu est égal à la consommation à laquelle on ajoute l'investissement, le niveau de revenu est lié au taux d'intérêt.

"La courbe IS représente l'ensemble des couples taux d'intérêt-revenu tels que l'égalité épargne et investissement est respectée"

La courbe du doc 1 se lit de la façon suivante : si le taux d'intérêt est de 5%, le niveau de revenu correspondant qui répond aux conditions d'équilibre entre l'épargne et l'investissement est de 10 milliard de F.


L'équilibre sur le marché de la monnaie (doc 2)


L'quilibre sur le marché de la monnaie siginifie que le l'offre de monnaie est égale à la demande de monnaie. L'offre est supposée fixée de façon autonome par l'autorité monétaire du pays (ou de la zone^^ ) considéré(e).
La demande de monnaie est sensible au taux d'intérêt pour plusieurs raisons :
"tout d'abord la demande de monnaie en vue d'une spéculation varie avec le taux d'intérêt car la préférence pour la liquidité s'accroit quand le taux d'intérêt baisse ; surtout, la demande de monnaie pour le motif de transaction est d'autant plus élevé que le revenu est important. En effet un revenu plus élevé induit uen consommation plus forte et celle ci pour se concrétiser suppose que l'on dispose d'une plus grande quantité de monnaie. Le taux d'intérêt ne détermine pas , comme chez les classiques, le niveau de l'épargne mais la façon don l'épargne est utilisée (plus d'obligations ou d'actions ou plus plus de monnaie)."

La courbe LM représente l'ensemble des situations ou l'offre de monnaie M est égale à la demande de monnaie L

La courbe du doc 2 se lit de la manière suivante: lorsque le revenu est de 4000 milliards de F, il y a équilibre de l'offre et de la demande si le taux d'intérêt est de 5%, facile non? :p

Si la courbe devient au delà d'un certain seuil pratiquement verticale, c'est pour respecter le principe de la trappes de liquidité évoquée par Keynes. En dessous d'un certain seuil, aucune variation du taux d'intérêt ne provoque de variation de revenu.


L'équilibre sur les 2 marchés n'induit pas nécessairement le plein emploi

Si l'on représente sur le même schéma la courbe IS et la courbe LM, le point d'intersection correspond à une situation d'équilibre à la fois sur le marché des produits et sur celui de la monnaie.
Cependant le niveau d'investissement correspondant à cet équilibre n'est nécessairement suffisant pour assurer le plein emploi (cf doc 3).


La politique monétaire et budgétaire peut améliorer le niveau de l'emploi

Deux types de politiques sont alors susceptibles d'améliorer l'emploi, le déplacement vers la droite de LM ou celui de IS.

La première se produit si il y a accroissement de la masse monétaire, la seconde suppose des entreprises plus favorables aux investissements, ou des investissements nouveaux de l'État. Ou même une variation de la propension à consommer ... ceteris paribus l'État peut induire ce déplacement, par exemple par des investissements publics, ce qui concrètement se traduit par un déficit budgétaire.

quelques pages web a visionner éventuellement :

http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2005/05/13/136-136 (dans celui là il y a même des blagues d'économie xD)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_IS/LM



De la théorie de "la synthèse"
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# Posté le mardi 19 août 2008 00:06

Modifié le mardi 19 août 2008 02:05